Histoire
L’origine de la viticulture sud-africaine correspond à l’époque à laquelle la Compagnie hollandaise des Indes orientales établit un relais dans ce qui est aujourd’hui Cape Town. Un chirurgien hollandais, Jan van Riebeeck avait été chargé de diriger ce comptoir ainsi que de planter des vignes dont les raisins pourraient être utilisés pour prévenir le scorbut chez les marins qui continuaient leur voyage le long de la route des épices. Les premières vendanges eurent lieu le 6 avril 1659.
Le successeur de Jan van Riebeeck comme gouverneur du Cap de Bonne Espérance, Simon van der Stel, chercha à améliorer la qualité de la viticulture dans la région. En 1685, il acheta une vaste propriété de 750 ha juste en dehors de Cape Town et fonda le domaine viticole de Constantia. Ce domaine fut laissé à l’abandon à la mort de Simon van der Stel pour renaître en 1778 lorsque Hendrik Cloete en fit l’acquisition. On peut noter également que la révocation de l’édit de Nantes en France au XVIIème siècle provoque l’émigration de quelques centaines de huguenots calvinistes qui établirent la ville de Franschhoeck en 1688. Ils participerons très activement au développement de la viticulture sud-africaine.
C’est sous Cloete que les vins de Constance, un vin de dessert produit à partir de muscat à petits grains, devint l’un des vins les plus réputé au monde. Cette renommée rejaillit sur les vins du Cape et, lorsque la région tomba sous domination britannique, d’importantes quantités de vins furent exportées en Grande Bretagne (en 1859, plus de 45000 hl furent exportés en GB). Cette période faste pour l’exportation des vins sud-africains en GB prit fin en 1860 avec la signature du traité Cobden Chevalier. En 1866, le phylloxera se propagea en Afrique du Sud, terminant ainsi de mettre le vignoble à terre. Il faudra plus de vingt pour qu’une partie du vignoble se reconstitue. En effet, après la crise phylloxérique, de nombreux viticulteurs plantèrent des vergers et de la luzerne pour nourrir les autruche, élevées pour leur plumes. Le début du XXème siècle fut le témoin de la renaissance de la viticulture avec la plantation de variétés très productives comme le cinsault. Plus de 80 millions de pieds de vigne furent plantées. La surproduction qui suivit conduit le gouvernement à créer la KWV, (Koöperatieve Wijnbouwers Vereniging van Zuid-Afrika Bpkt), la première coopérative d’Afrique du Sud. La KWV gagna en puissance et en influence au point de déterminer la politique de production de vin pour l’ensemble de l’Afrique du Sud. Afin d’endiguer la surproduction, la KWV réduisît les rendements et détermina des prix minimum afin d’encourager la production de brandy et de vins mutés.
Au cours du XXème siècle l’apartheid ayant eu pour effet de mettre l’Afrique du Sud au ban des nations, les vins et la viticulture sud-africaine se replièrent sur eux-mêmes.
A partir de 1994, date de l’abolition de l’Apartheid, la viticulture sud-africaine connut un essor dû à l’ouverture internationale. Les exportations débutèrent et l’arrivée de savoir-faire européen fit prendre un nouvel essor au vin en Afrique du Sud.
